Groupe universitaire de recherches en Histoire et Culture au Bénin
00229 -97165381 contact@symbole-amitie.com

Actualités

séminaire sur l'esclavage à Sakété

Le roi de Sakété devenu esclave

Recherche sur un roi victime de l'esclavage

Collectivité royale ANIWAJOYE à Sakété

 

La collectivité royale ANIWDJOYE de Sakété recherche dans le monde la trace de son aïeul, ADELOU BIODJO, le 21ème roi de la dynastie royale OBA ALAKA GBANI IYAWO éyo, victime de la traite négrière transatlantique il y a deux siècles.

C’est à l’occasion d’un séminaire patrimonial tenu ce dimanche 21 Août 2016 dans la salle ancestrale « Ilé Awan Ayé » de ladite collectivité que BOURAÏMA Yêkini, chef de la collectivité ANIWADJOYE, expliqua que la déportation de son aïeul ADELOU BIODJO était survenue après avoir refusé aux occidentaux des pratiques de la traite sur son territoire.

chef de collectivité raconte la déportation de son ancêtre le roi de Sakété devenu esclave

Très âgé, le patriarche Yêkini affirme avoir lui-même entendu l’histoire de cette triste déportation de la bouche de son grand père, Feu BOURAÏMA, au cours d’une immolation de chèvre en sacrifice aux mânes des princesses et princes du royaume de Sakété partis en esclavage transatlantique juste après le renversement et la déportation du roi ADELOU BIODJO qui conduisirent le royaume au déclin et exposèrent toute la collectivité aux désastres causés par les razzias sur plusieurs années.

14124973_666618843504025_1143570549268743043_o

En effet, le roi de Sakété devenu esclave et déporté a laissé derrière lui des enfants tels que ABEBOLA, ADECHIAN et plusieurs autres issus des femmes à savoir Olou Këmy, Oloula Tan, Atcholabi pour ne citer que les plus illustres. Des recherches antérieures entamées par le cercle de la famille ont permis de savoir que l’ancêtre ADELOU BIODJO a été embarqué sur les côtes de Ouidah pour ne plus revenir jusqu’à ce jour. D’après le président de la collectivité Toussain, toutes les générations de la collectivité sont appelées à se souvenir de ces faits compte tenu des pactes royaux qui relient la victime aux mânes des ancêtres, ces derniers pactes consistant à inhumer le roi dans l’intimité familiale s’il rejoignait l’au-delà à domicile, le moment venu. Bien sûr, cette déportation a empêché cette inhumation.

14054317_666617243504185_4902478804823852664_o

Fondé au début du XIV siècle par l’aïeul OBA ALAKA, la dynastie royale ANIWADJOYE a connu plusieurs guerres avec des royaumes voisins à savoir les royaumes d’Oyo, d’Agbomè (Abomey) et celui d’Ilé-Ifè, tous à la recherche de captifs à échanger avec les négriers occidentaux contre des produits importés. L’histoire du passé de cette dynastie est très agitée du fait de sa situation géographique qui l’exposait aux attaques. En effet, le royaume de Sakété est encadré par le royaume d’Oyo, Ilé-Ifè, Porto-Novo, et Abomey. La dernière attaque contre Sakété a eu lieu en 1905, époque de l’administration coloniale française, et a coûté la vie à l’administrateur Cait (Nouveau regard sur la révolte de Sakété en 1905, par Dadjo Koôvi Michel Videglasem et Abiola Félix Iroko, in Cahiers d’études africaines, Année 1984, Volume 24, Numéro 93, pp. 51-70)

roi de Sakété devenu esclave

Collectivité ANIWADJOYE

L’article « Le roi de Sakété devenu esclave », est l’occasion de rappeler que la mémoire de milliers de victimes de l’esclavage transatlantique est conservée par les familles béninoises. Chaque récit permet de resituer un contexte local de l’histoire de l’esclavage grâce au culte des ancêtres et à la tradition orale qui se sont perpétués jusqu’à nos jours.

IMGP3803_20160901_184950

 

1 Réponse

  1. Il est nécessaire que les récits ou ce qu’il en reste, trouvent leur place dans l’histoire afin de libérer et les consciences et les mémoires et pour s’ en acquitter face au monde d’aujourd’hui .

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :